Louise Sartor est une peintre française née en 1988 qui vit et travaille actuellement à Paris.
Après des études de scénographie, sa pratique artistique s’est centrée sur la peinture à travers des thèmes et sujets classiques : le corps féminin, le portrait, paysages et nature mortes. Sa technique de prédilection est la gouache mais peut varier selon le support. Celui-ci constitue la spécificité principale de son travail, étant toujours de récupération, principalement issu du packaging alimentaire ou autre, parfois des objets (éventails, boîtes, chaussures en toile…) nécessitant alors un travail à l’acrylique ou à l’huile.
« Le choix du carton comme support pictural est un point d’entrée essentiel dans l’économie du travail de Louise Sartor. Matériau pauvre issu de la chaîne de consommation, il traduit un positionnement esthétique et politique : peindre sur carton, c’est refuser la hiérarchie matérielle traditionnelle – celle qui fait de la toile le matériau noble par excellence – tout en assumant une forme de proximité avec l’ordinaire et le quotidien. Le carton introduit dans le champ de la peinture une instabilité, une précarité, une forme de familiarité. Il renvoie à un matériau dit « banal », aux logiques de circulation et d’échange, mais aussi à la possibilité de produire avec des moyens accessibles, disponibles partout et à tout moment. Les morceaux de carton sur lesquels l’artiste peint ne sont en réalité pas si « simples ». Chacun possède une forme spécifique, souvent asymétrique, parfois déchirée, toujours singulière et en définitive unique pour un tableau. Ce geste, ce renversement (…) ouvre un espace critique posant les questions suivantes : que produit-on quand on peint ? Qu’est-ce qui est valorisé ? Pour représenter quoi et sur quel support ? »
(Oriane Durand)
Elle a récemment exposé à la galerie Crèvecoeur à Paris (FR), Page à New-York (US), Bel-Ami à Los Angeles (US), aux centres d’art la Synagogue de Delme (FR), Treignac Projet (FR), le Consortium de Dijon (FR), MO.CO. Panacée de Montpellier (FR), aux musées Jean Honoré Fragonard de Grasse (FR), Picasso Màlaga (ES), MASC des Sables d’Olonne (FR), Mucem de Marseille (FR), X-Museum de Beijing (CN) ,l’Institut Français de Tokyo (JP)… Elle a été pensionnaire de la Villa Medici en 2019-2020 et son travail fait partie des collections du Musée d’Art Moderne de la ville de Paris, du Musée d’art moderne et contemporain – MAMCO (CH), et des FRAC Poitou-Charentes, Bourgogne et Corse.
Depuis maintenant plusieurs années Louise Sartor a pris pour sujet les vues directes des fenêtres de ses divers lieux de vie et ateliers qui ont été assez nombreux. S’inscrivant dans la continuité d’une longue histoire de la peinture de paysage, représenter frontalement la vue immédiate de la fenêtre fait référence à la définition du tableau comme « fenêtre sur le monde » donnée par Alberti dans son traité de 1435. Mais il s’agit aussi d’une pratique de la présence, rester face à un même paysage donné pendant une durée plus ou moins longue, permettant souvent la réalisation de plusieurs tableaux à la même composition mais variant selon la lumière, la météo et les saisons (à la façon des peupliers ou des cathédrales de Monet), est un exercice de vision et de conscience des choses et du temps qui n’est pas étranger aux concepts de pleine conscience et de méditation existant dans de nombreuses spiritualités et religions à travers le monde.
À Passages, c’est le spectaculaire Gingko Biloba qui envahit littéralement le cadre de la fenêtre qui sera le sujet du travail en résidence. les variations de couleur du feuillage, jusqu’à son dépouillement total et à l’apparition du reste du jardin comme un dévoilement théatral en fin d’année, seront enregistrés en quelques peintures qui viendront s’ajouter au répertoire de vues constitué petit à petit par l’artiste.